De l'inégalité des sexes

En feuilletant un guide à l'usage des maîtres aujourd'hui, je suis tombé sur l'extrait d'un article de la revue Notre Librairie dans lequel les journalistes ont demandé à des hommes, au Bénin, au Cameroun et au Togo s'ils estimaient juste que la femme devienne leur égale...

Alors que chez nous il est politiquement incorrect de mettre cette égalité en question, et qu'il faut bien peser ses mots si on ose dire le contraire, au risque de se voir taxer de machisme si l'on avance l'hypothèse que, souvent, à sacs égaux de ciments chargés sur le dos, un homme parcourt généralement une distance supérieure à celle de la femme, je trouve leurs réponses édifiantes sur l'équilibre persistant dans les sociétés plus traditionnelles que la nôtre, où les modèles, religieux ou autres, ont une influence que nous ne connaissons plus. Et même si, par nature, je ne peux me ranger à leur avis, il est en tout cas plus fondé, dans ce contexte particulier, que les aboiements de notre Soral national qui, bien qu'il hurle le contraire, a à mon sens bien trop souvent l'occasion de se faire entendre sur le sujet...

Le problème, c'est qu'à trop vouloir rendre tout le monde égaux, à la baguette et sur tous les tableaux, on en a perdu complètement le sens du mot égalité dans ce contexte, à savoir l'égalité de droits. Celle-ci est un combat, auquel beaucoup d'hommes participent d'ailleurs, et même si ce n'est pas gagné, les femmes ont aujourd'hui les moyens de se faire entendre.

Mais c'est précisément l'inégalité des hommes et des femmes dans tant d'autres domaines, qu'on parle de physique (heureusement !), de sentiments ou de vie sociale, qui rend les femmes aimables et d'un mérite parfois supérieur aux hommes, mêmes si elles n'ont trop souvent que l'honneur tandis que les hommes se gardent les fleurs...

Alors, aux universalistes de la confusion des genres, pour qui il n'est plus un sujet au sommet duquel la femme ne devrait se hisser, au même niveau voire juste un peu au-dessus des hommes, je leur dirai ceci : Allez sur lastminute.com et offrez-vous un voyage...
  • Êtes-vous pour l'égalité entre les hommes et les femmes ?
R : Oh ! Madame, n'est-ce pas que Dieu a créé l'homme et la femme ? Bon. Il a créé l'homme fort et la femme faible, bon. Comment voulez-vous qu'ils soient égaux ? Ce n'est pas possible, Dieu ne le veut pas, ne l'a pas voulu. (un jeune homme de 26 ans)

R : L'égalité, ce n'est pas possible, même si on le dit à la radio, dans les journaux, ici et là, et que nous aussi nous disons, lorsqu'on nous interroge : "C'est bon, il faut l'égalité, la femme est l'égale de l'homme", on ne fait que répéter ce qu'il faut dire. De toute manière, c'est contraire à la tradition, à la religion, etc.

Et puis, pourquoi faire cette égalité ? Vous voyez bien comment nos filles comprennent cette égalité ? Le pantalon, la cigarette, la liberté des moeurs, etc. Et en même temps, il faut toujours payer, payer pour elles : les robes, les perruques, les parfums... toujours l'argent. Pendant ce temps, nous on doit travailler hein ! parce qu'elles ne comprennent pas que le fait de travailler dans une entreprise ou un bureau ne nous remplit pas les poches. (Un homme travaillant dans une entreprise de travaux publics.)

R : Ma femme ne peut pas être mon égale, elle n'a pas été à l'école ! (un cadre)
  • Le fait d'aller à l'école apporte donc quelque chose pour l'égalité entre les hommes et les femmes ?
R : Bien sûr ! Celle qui a été à l'école sait. Donc on peut parler avec elle, discuter et lui faire comprendre pourquoi elle est ou ne peut être notre égale. Mais l'autre, ce n'est pas possible parce qu'elle ne s'intéresse pas à ces choses-là... Celle qui est plus instruite non plus, sauf si elle est très instruite, mais il ne faut pas qu'elle soit plus instruite que son mari sinon elle ne le respectera plus.

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