Irezumi

A force de croiser jeunes hommes et jeunes filles arborant fièrement de larges tatouages, je suis allé un peu corriger mes stéréotypes...

Même si le tatouage était déjà utilisé par les Aïnus de Hokkaïdo il y a plus de 1200 ans, il n'existe sous la forme qu'on lui connaît aujourd'hui que depuis 300 ans, période de l'ère d'Edo.

A cette époque on tatouait les prisonniers en fonction de leurs crimes. Une fois leur peine purgée, les brigands recherchaient les services de spécialistes pour camoufler leur matricule dans le coeur de roses pourpres, entre les griffes de dragons belliqueux ou dans les moustaches de carpes flegmatiques.

Petit à petit, le tatouage intégral est apparu, et a acquis ses lettres de noblesses, toujours envelopées pourtant du même parfum sulfureux.

Signe de fierté pour les Yakuza, qui pouvaient endurer les souffrances du tatouage à l'aiguille pendant deux ou trois ans parfois, et les Geishas qui enturbannaient leurs clients d'autant plus facilement qu'ils voulaient voir jusqu'où se perdaient tous ces jolis petits poissons barbotant à la lisière de l'échancrure d'un kimono défait, l'irezumi est resté jusqu'à nos jours, dans l'esprit de la plupart des japonais, le signe extérieur d'une corruption certaine.

Si les adultes le condamnent encore (et beaucoup de Sento refusent toujours les gens tatoués), il semble que les jeunes ne le voient pas du même oeil, à l'heure où les diverses modes de tunning corporel venues de l'Ouest encouragent sur le sol nippon la libération d'un art qui peut enfin trouver matière à s'imposer comme tel.

Ces considérations en tête, flânant dans mon quartier par un soir de grand vent, je suis tombé sur un livre édifiant dont ces quelques photos vous permettront de tatouer des images à mes mots, même si seuls sont japonais les tatouages intégraux...

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