Patate douce...

Ca vient de chez Dine, ce parfum nostalgique si loin de là où j'habite... Un autre voyage, dans un autre pays, celui du temps passé.

Les souvenirs culinaires de l'enfance en cinq déclinaisons, auxquels on repense parfois avec un peu d'envie, chez moi tournent surtout autour des gâteaux...

Ne serait-ce que l'odeur déjà, l'attente ensuite, et cette excitation à regarder cuire son désir par la porte du four, en calmant son impatience des maigres dos de cuillères et des insuffisants fonds de casseroles, ont fait pour moi de ces desserts, préparés par ma mère, de loin les mets les plus délicats.

Tout d'abord chaque année, pendant tant d'années, même parfois après que je sois parti, le traditionnel gâteau au chocolat de mes anniversaires !

Parfois trop cuit, parfois trop mou, toujours exquis, il a patiemment déposé en moi un limon de souvenirs comme la vague imprime au rocher, de son rythme régulier, sa forme douce et arrondie. Certains entendent la mer dans les coquillages, moi c'est dans le gâteau au chocolat que j'entends la mienne...


Les déclinaisons de la rhubarbe...

En gâteau, avec ce goût acide, mais à peine, adouci par le sucre fondu qui s'enfonce dans la pâte... la tarte à la rhubarbe ! La tête en tourne tellement c'est bon...

Quand il y en a trop, et pour ne pas se lasser du gâteau, on retrouve au matin, encore un peu chauds, trois petits pots couleur émeraude de confitures à la rhubarbe !


Arrive ensuite le clafoutis, mais... pas n'importe lequel, le clafoutis aux poires !

On en trouve souvent aux cerises, mais ça à rien à voir, car rien ne vaut les bouchées rondes et généreuses des poires !

On s'arrange, bien sûr, pour ne jamais les manger seules, mais toujours dans la pâte, qui donne au fruit sa fraîcheur et qui permet au goût de glisser dans le palet et aux saveurs sucrées d'en atteindre les recoins les plus reculés.


Le gâteau moelleux aux pommes, canelle et confiture d'orange de ma grand-mère !

Ma grand-mère étant un peu polonaise, quand elle faisait son gâteau, elle ne prenait pas un plat à gâteau comme tout le monde, mais carrément la plaque du four ! On en avait donc pendant cinq jours, matin, midi, 4 heures et soir... Les grands-mères ont de ces secrets qui disparaîtront avec elles...


Pour finir, je dois rendre hommage aux fruits des bois de ma campagne, qui ont fait jouir mes papilles chaque été avant que je ne découvre d'autres plaisirs, qui ont coincé leurs pépins dans les molaires du fond, là où c'est vachement dur d'aller les chercher, qui ont taché mes vêtements tout neufs, alors que je faisais attention en plus, exprès pour que je me fasse engueuler en rentrant, et qui m'ont même envoyé au centre anti-poison, un jour où j'avais pris des baies noires pour des cassis...

Le goût des murs dans les buissons des chemins derrière chez moi, quand ma mère nous disait qu'on allait faire des confitures... On partait à la chasse à la groseille avec des bassines. Et même si dans la mienne, à la fin, il n'y avait jamais rien, moi j'en avais toujours partout ! Et je rentrais rassasié de cette orgie innocente, content sans le dire de me dire que les confitures on les aurait pas avant demain...


Bon, ça va devenir indécent... On en deviendrait lyrique à se replonger dans tout ça, mine de rien, mais je ne vais pas vous la jouer Philippe Delerm non plus.

L'inverse aussi serait intéressant...
Je pourrais vous parler du hachis parmentier de la cantine ou de l'alternance désespérante des betteraves et du céleri tous les midis dans le même établissement, et d'un problème de synchronisation gustative entre l'enfance et l'âge adulte qui m'a naturellement fait me détourner avec dégout des boeufs bourguignons, blanquette de veau et autres endives cuites avant d'y revenir plus tard, avec méfiance d'abord, je dois l'admettre...

En attendant, puisque c'est de coutume, j'aimerais partager cette patate douce avec Blue, pour qu'elle nous fasse de beaux dessins, Pierre, histoire d'en savoir encore un peu plus sur nos cousins les Belges, et puis, les patates, ça les connaît... Bang Bang, pour la dédicace, Hum... Hein ? Roger, si ça l'inspire, et Nine, si elle passe par là...

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