Vie d'immense



Ma vie d’immense, ma solitude plaine
À la laine de rosée un soir de gel,
Aux absentes frontières des murs de peine
Tu tends sur mon front des tremblements de terre.

Quelques collines ou un fou bosquet d’elle
Peuplent de rêve l’étendue du désert
Mais le regard en caresse-t-il la cime
Que l’abîme abaisse ses jupes
Sur l’eau dormante où voguent ses victimes.

Car l’on revient toujours au plat des lassitudes
Où les mots qui s’allongent marchent deux pas de trop
Et l’on glisse et l’on roule en pensant qu’en tombant
C’est un pas de gagné sur le prochain élan.

Mais sans ailes, sans souffle, on frémit dans l’ombre
Au pied du bonheur noirci d’avenir
Qui silhouette les songes d’un voile sombre.
Sisyphe soit heureux, tu n’es point martyr !
Tu as pour pays le ventre des pentes
Plus loin il n’y a rien que l’infini-
Ment songe que notre fuite veut épouser.

La terre est une boule plate
À l’horizon les villes sont comme des nuages.
On cherche de plus bel le chant des immortels
Quelques-uns immobiles nous sourient des sommets
Ils retiennent un instant notre pas incertain
Avant que nous repousse le doigt ferme du destin.

Cet éclat de l’être, ce rire silencieux
L’entendrons-nous dans le trop-plein de vide
Qui fait bruyamment battre le cœur des villes
Et tue le vent des arbres et le chant des oiseaux ?

Tes absentes promesses donne-les moi
Ma vie ! Pas d’absinthe ni de messes
Mais l’essence de l’être dont tu lisses tes cheveux
À l’heure où se dissipe l’écume de l’heure bleue.

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Illustration : Dine
Composition Sonore : Dine & Dine
Musique : Massive Attack - Dany the Dog

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