La Maison oubliée


Ici ça sent la mousse,
L'oubli qui pousse…

J'aime passer la porte verte
Et partir à la découverte
Des chemins oubliés
Dont nous suivions le tracé.
Le lierre a dévoré les lettres,
La mathématique de nos cœurs,
Qui se cachaient sous les fenêtres
Où désormais poussent les fleurs.

Je ne sais pas parler aux foules,
Être la voix d’où les mots coulent
Et collent à tes pas
Comme des papiers gras.
Je reste au bord du crépuscule
À regarder passer l’avenir
Comme une barque sur l’étang
Dessine sur le temps
Des révolutions minuscules.

Je rêve d'endroits déserts
D'où on verrait péter les bombes,
Assis sur les cuves rondes,
Rouillées par la misère
Des terrains vagues.

On oublierait nos âges
À faire des mots des bagues
Qu'on emmêlerait à nos images
À ne plus savoir qu'en faire.

À la fin rassasiés
On laisserait à l’étreinte
Un dernier baiser
Comme une lumière éteinte,
Étant sûr de se revoir
Sur les étangs où viennent couler
Les lentes couleurs du soir
Aux parfums d'accidents.

Il n'y aurait plus à faire semblant,
Qu'une dernière fois tromper la sueur
Pour y cacher l'odeur ultime
Qui fait lumière à nos abîmes.

Cette maison abandonnée,
Rayée des cartes,
Où l'on saura se retrouver
Laissera toujours ces marques,
Au dos des planches
Pour que tu puisses me ramener,
Si je me penche,
Aux chemins effacés
De ton âme à tes hanches.


Grâce à Dine, et ses images...
Pour Zyn.

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