C'est pô une blog!
ॐ बाबा ! आो यार, कुछ रुको, यह मेरी कहानी है । बैठो बैठो और कुछ पढ़ो॥ Voici l'histoire incertaine d'un voyage, de ses différents points d'ancrages et des empreintes qu'il me laisse. Détendez-vous! Vous êtes partis... 所変われば品変わる。大海の一滴 けど これ ぼく の はなし です。 Muzungu ! Muzungu ! Jewe ndi umuzungu !
15 septembre 2009
25 juillet 2009
Sold Out !!
Un merci chaleureux à tous ceux qui se sont rendus à la librairie Artazart pour se procurer un coffret du Paravent des Ires. C'est fou, il n'y en a déjà plus !! :]J'espère que les livres vous auront plu ; n'hésitez pas à laisser vos commentaires ici ou sur le site des autres auteurs pour nous donner vos impressions.
Nous irons d'ici peu en déposer de nouvelles versions, customisées par chacun des dessinateurs, comme ce fut le cas ici par Véro (Surprise inside). Mais il ne nous en reste plus beaucoup, nous envisageons d'en réimprimer davantage en septembre.
Rendez-vous d'ici quelques jours donc, pour ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir le leur...
NB : Et pour ceux n'habitant pas Paris... Il est probable que les versions suivantes seront distribuées aussi par la poste, mais... pas tout de suite.
17 juillet 2009
Le Paravent des Ires
J'ai mis à jour mon site (qui pour l'occasion s'est vu ajouter une nouvelle catégorie "Parutions") pour présenter la collection du Paravent des Ires, récemment parue chez les Grands Arbres, une aventure d'auto-édition que j'ai entreprise avec Maya. J'en avais déjà parlé récemment avant de partir à Rome présenter le projet avec elle ; vous pouvez désormais vous procurer le coffret ou des exemplaires uniques à la librairie Artazart, dans le Xe arrondissement !
L'accueil à Rome à été bon, le festival aussi magique que l'année passée. C'était vraiment motivant de présenter le travail de chacun, de discuter et d'avoir les avis des gens sur place. Il risque même d'y avoir d'autres surprises prochainement, je vous tiendrai au courant !
Pour le moment, si vous désirez plus d'informations sur la collection et leurs auteurs, rendez-vous sur le site !
17 juin 2009
Adieu Printemps
Où es-tu douleur ma sirène
Sur notre empire assis reine tu resteras
Même proche peine lointaine
Une écharde que j’aime et qui un jour m’aima
Matin ton chant ne m’atteint plus
Le facteur en silence cherche une lettre absente
Assez celle qui m’aima s’est tue
Quand elles sentent encore les fleurs fanées nous hantent
De nos rires reste l’écho
Dont les hoquets se perdent en sinistres ballades
Fuyez ces ruines mon château
L’amour est après nous comme un oiseau malade
Et toujours un mot qui toujours meurt trop tôt
Ah aimer souffrir délicat
Tu nous ouvres les bras comme un lys ses corolles
Calice bu la mort s’abat
Fulgurance amère qui de romance à trépas
Accueille les abeilles venues payer l’obole
Cette main qu’hier encore contre moi je tenais
Eut un jour ce geste fatal
Cette main qui mon coeur et mon corps dominait
S’en alla brusquement verticale
Cette main que j’aimais m’est perdue à jamais
Cette main mais ce corps aux couleurs de l’été
Qui m’offrait ses saveurs en trésors inavoués
Qu’importe alors les messes et l’ambre
N’est plus frisson de tous mes membres
D’aimer mes coffres sont vides et ma terre déchirée
La parole mêle aux mots leur vieux sens d’hier
Les voix palissent mais l’on se tait
Les yeux n’ont plus le même attrait
Le coeur une forêt que ronge le désert
On se terre on parle d’avant
D’un avant où depuis poussent les aubépines
La marche au soir venu prend des airs militaires
On se sait vaincus mais pourtant
On essaie de retarder la drôle de guerre
Qui dans les tranchées creuse impatiente et piétine
Le drame vient des larmes sur les armes levées
Au dernier acte les masques tombent
Les yeux sont calmes comme des bombes
Les souvenirs ont des habits de naufragés
Le temps n’est plus qu’une géhenne
Adieu printemps voici venue la haine

❧ ❧
Tout juste rentré du Burundi, je repars à Rome pendant quelques jours avec Maya où nous sommes invités au festival Crack ! du Forte Perenestino qui se tiendra du 18 au 21 juin.
Nous y présenterons la dernière parution des Grands Arbres, Le Paravent des Ires, collection qui réunit sept dessinateurs et moi-même autour du thème de l'érotisme. J'en parlerai plus longuement à notre retour.


À l'occasion, j'en profite pour vous annoncer l'ouverture de mon site Internet..
À bientôt !

30 mai 2009
Oreiller d'herbes
Je lis en ce moment l'étonnant Oreiller d'herbes de Natsumé Soseki, roman poétique qu'il définit lui-même comme un "roman-haïku". Je n'avais pas été touché par Je suis un chat, que la critique pourtant porte aux nues et qui est censé être son oeuvre majeure ; j'avais trouvé l'écriture ampoulée et le tout un peu kitsch, mais sans doute était-ce plutôt dû à une affreuse traduction.Elle est ici excellente. Rendant invisible l'artifice, elle annule la distance entre les langues, les époques et les cultures. Un peintre se retire dans une auberge de montagne pour peindre et réfléchir sur son art, sur l'acte de création. On le suit comme s'il était tout à fait possible qu'on passe à son tour prochainement dans cette auberge, bien qu'elle se trouve en fait au début du XXe siècle.
"Conscient de la singularité de son oeuvre, l'auteur écrivit : "Si ce roman-haïku (l'expression est certes bizarre) s'avère possible, il ouvrira de nouveaux horizons dans la littérature. Il ne me semble pas que ce type de roman ait jamais existé en Occident. En tout cas, il n'y en a jamais eu de tels au Japon."
C'est d'une part un roman puisqu'on y suit un peintre dans sa retraite, mais un roman qui se refuse à entrer dans la "psychologie des personnages" traditionnelle et qui dépeind plutôt des courbes mouvantes, à la manière des images polymorphes d'un poème.
Les personnages ne sont donc pas le fruit des descriptions d'un narrateur omniscient qui analyserait l'intimité de l'être pour justifier son apparence extérieure, mais bien plutôt le contraire : ce peintre décrit les objets et les gens qu'il rencontre à la manière d'un tableau, et la force de son regard est telle qu'il arrive à les pénétrer pour y toucher et en extraire l'essence qui les caractérise et nous donner ainsi accès à leur intérieur, qui se révèle au-delà de sa subjectivité :
"C'est comme si un affaissement de terrain s'était produit dans une zone normalement immobile, et que, par la suite, tout ait bougé alentour, mais, en comprenant que le mouvement est contraire à sa vraie nature, la terre essaie de reprendre sa forme première ; or, sans pouvoir retrouver son équilibre et emportée par l'énergie, ayant continué à bouger malgré elle jusqu'à aujourd'hui, elle finit, en désespoir de cause, par remuer exprès, envers et contre tout... Si une pareille situation existait, elle permettrait justement de qualifier cette inconnue.
Derrière le dédain, s'étend un paysage qui exprime le désir de s'accrocher à quelqu'un coûte que coûte. On flaire un discret discernement au fond de son aspect moqueur. Si elle s'abandonnait à son talent et si elle y mettait du sien, elle ne craindrait pas d'affronter cent hommes, mais sous cette énergie, une douce sensibilité jaillit à son insu. Ce visage manque pourtant d'unité. On dirait que la perspicacité et l'égarement cohabitent, en se querellant. Si le visage de cette femme manque d'unité, c'est la preuve que l'unité est absente de son coeur et si l'unité est absente de son coeur, c'est qu'elle est absente du monde de cette femme. C'est le visage de quelqu'un qui, étant harcelé par l'adversité, tente de la conjurer. Ce doit être une femme malheureuse."
Mais ce roman est aussi un traité de style, une reflexion sur l'esthétique et sur l'acte de création, sur l'art occidental, tel que Soseki l'a appréhendé alors qu'il était professeur en Angleterre, et sur l'art japonais qu'il retrouve après avoir traversé une crise spirituelle durant laquelle il décide de regagner son pays."La vapeur qui remplit la salle, après l'avoir saturée, ne cesse de rejaillir. La lampe diffusait sa pénombre dans la nuit du printemps et irisait l'air de toute la pièce qui vibrait délicatement ; au fond de ces nuées, se dessine peu à peu une figure pâle dont la chevelure noire paraît estompée. Regardez ses contours.
Les deux côtés de sa nuque se resseraient légèrement vers l'intérieur et ces lignes qui descendaient avec naturel vers les épaules se courbaient ensuite selon une douce rondeur et prenaient leur élan jusqu'à se diviser peut-être en cinq doigts. Sous ses seins libres et potelés, les ondulations se retirent un instant avant de déferler, en faisant paisiblement apparaître un bas-ventre lisse et ferme. Le resserrement des formes semble se poursuivre vers l'arrière et à l'endroit où ce mouvement s'interrompt, le corps ainsi partagé se penche légèrement vers l'avant pour reprendre son équilibre. Ses genoux résistent au ploiement de ses jambes et lorsqu'une longue ondulation parvient à la cheville, ses pieds résolvent pacifiquement tous les conflits avec leur plante posée à plat sur le sol. Le monde n'offre pas de combinaison plus compliquée ni aucune autre qui soit pourvue d'une telle unité. Nulle part ailleurs on ne peut trouver de contour plus naturel, plus souple, plus évident, moins pesant. (...)
Ce contour se dessine progressivement dans sa pâleur. Au moment même où je me dis que si elle fait encore un pas, hélas, la chère fée va retomber dans le monde d'ici-bas, sa chevelure verte fait du vent comme la queue d'une tortue divine qui fend les vagues et flotte comme des herbes ployées. En tranchant la vapeur blanche tournoyante, la figure blanche sursaute sur les marches. La voix aigüe d'une femme qui rit résonne dans le couloir et s'éloigne progressivement, abandonnant la pièce au silence. J'avalai la tasse et me redressai en sursaut. Les vagues surprises me frappent la poitrine. L'eau de source qui déborde fait des clapotis."
Le roman s'ouvre d'ailleurs sur cette superbe page dont la lucidité n'a certainenement d'égale que la douleur qui l'a fait naître. L'absence des causes sensibles du déchirement sous-jacent dans la description du sentiment lui donne l'apparence d'un précipité de pensée. Désormais universel, car débarrassé de ses circonstances mondaines, il constitue le premier parti pris esthétique du livre, en même temps qu'il s'érige en règle de vie :
"Je gravissais un sentier de montagne en me disant : à user de son intelligence, on ne risque guère d'arrondir les angles. À naviguer sur les eaux de la sensibilité, on s'expose à se laisset emporter. À imposer sa volonté, on finit par se sentir à l'étroit. Bref, il n'est pas commode de vivre sur la terre des hommes.
Lorsque le mal de vivre s'accroît, l'envie vous prend de vous installer dans un endroit paisible. Dès que vous avez compris qu'il est partout difficile de vivre, alors naît la poésie et advient la peinture.
Le monde humain n'a été créé ni par les dieux ni par les démons. Après tout, ce sont des personnes ordinaires, comme vos voisins immédiats. S'il est difficile de vivre dans ce monde humain que des hommes ordinaires ont créé, il ne devrait pas subsister de pays où s'installer. Il ne reste plus qu'à se rendre dans un pays sans hommes. Or, il doit être plus dur de vivre dans le pays sans hommes que dans le monde humain.
Puisqu'il est difficile de vivre dans ce monde que l'on ne peut quitter, il faut le rendre un tant soit peu confortable, afin que la vie éphémère y soit vivable, ne fût-ce qu'un laps de temps éphémère. C'est alors que se déclare la vocation su poète, c'est alors que se révèle la mission du peintre. Tout artiste est précieux car il apaise le monde humain et enrichit le coeur des hommes.
Ce qui débarrasse de tout ennui ce monde, où il est difficile de vivre, et projette sous vos yeux un monde de grâce, c'est la poésie, c'est la peinture. Ou encore, c'est la musique et la sculpture. Pour être exact, il ne s'agit pas de projeter le monde. Il suffit d'y poser son regard directement. C'est là que naît la poésie et c'est là que le chant s'élève. Même si l'idée n'est pas couchée par écrit, le son du cristal résonne dans le coeur. Même si la peinture n'est pas étalée sur la toile, l'éclat des couleurs se reflète dans le regard intérieur. Il suffit de contempler le monde où l'on vit, et de contenir, avec pureté et clarté, dans l'appareil photographique de l'esprit, le monde d'ici-bas, futile et chaotique. C'est pourquoi un poète anonyme qui n'a pas écrit un seul vers, un peintre obscur qui n'a pas peint une seule toile, sont plus heureux qu'un millionnaire, qu'un prince, que toutes les célébrités du monde trivial, car les premiers savent observer la vie, peuvent s'abstraire de toute préoccupation, sont en mesure d'entrer dans le monde de la pureté, de construire l'univers unique et de balayer les contraintes de l'égoïsme.
Ayant vécu vingt ans en ce monde, je compris qu'il valait la peine d'y vivre. À vingt-cinq ans, j'ai eu la révélation que la lumière et les ténèbres étaient deux faces d'une même réalité et que partout où naît la lumière, de l'ombre tombe sur nous. Aujourd'hui, à trente ans, voici ce que je pense : ... Plus profonde est la joie, plus profonde est la mélancolie ; plus grand est le plaisir, plus grande est la souffrance. Si on veut les séparer, on ne tient pas le coup. Si on veut s'en défaire, c'est le monde qui vacille. L'argent est important et les choses d'importance, si elles s'accumulent, nous poursuivent jusque dans notre sommeil. L'amour rend heureux, mais lorsque ce bonheur de l'amour augmente, on a la nostalgie du passé où l'on n'aimait pas encore. Un homme d'État porte sur les épaules des millions d'hommes. Il soutient sur le dos l'énorme poids du monde. On regrette de manquer d'exquis repas. Si l'on y goûte à peine, on n'est jamais rassasié. Et si l'on dévore jusqu'à satiété, on a de désagréables relents..."
18 mai 2009
Trois heures et demie de marche dans la montagne hier, avec Égide, Léonard, Oswald et Claude, jusqu'au lac artificiel de Rwegura, à 20 kms d'ici, qui alimente la centrale hydroélectrique de la région, dont l'énergie produite est consommée jusqu'à Bujumbura. Heureusement, la pluie est tombée au km 20, à cent mètres des maisons des techniciens de la REGIDESO, qui nous ont accueilli. Quelques heures plus tard, à l'arrière d'un pick-up, sous des trombes d'eau, on parcourait à rebours la distance devenue incroyable qui nous séparait de Kayanza.



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