31 mai 2005

Comme dirait l'autre...

"Je suis capable du meilleur et du pire. Mais, dans le pire, c'est
moi le meilleur."
[Coluche]

30 mai 2005

Atmosphères...

Le Café Jazz de Shimokitazawa.

Bien que ça n'ait, en réalité, pas grand chose à voir, c'est pour moi un peu le Montmartre de Tokyo. En arrivant à Paris, j'avais voulu vivre là-bas. En arrivant à Tokyo, j'ai voulu vivre ici.

C'est un quartier très différent du reste de la ville: construit sur une colline, les maisons y sont plus basses, les rues plus étroites et les voitures peu nombreuses.

C'est un quartier jeune, truffé de bars introuvables et de boutiques de frusques, rempli le soir de musiciens de rues que même la pluie n'arrête pas. Il y règne un esprit bien plus calme que dans les grands quartiers où, je vous le disais avant-hier, les gens communiquent au mégaphone. Ici tout se fait à pied et on est jamais sûr d'arriver là ou on voulait aller.

C'est encore le meilleur moyen pour se rendre au Café Jazz.



De dehors, la première fois, on ne sait pas trop à quoi s'attendre. On n'ose pas trop entrer, c'est peut-être privé ? Et ce programme à l'entrée, qu'est-ce que c'est ? Les concerts ? Voir Keith Jarret, Gary Peacock et Pat Metheny le même mois, on a du mal à y croire, mais quand on lit Charles Mingus et Chet Baker, là, on y croit plus. Alors on rentre, on verra bien.

A peine franchie la porte, le premier moment d'hésitation s'échappe; on sait qu'on a de la chance.
J'ai toujours trouvé remarquable ici la manière dont les japonais savent créer des atmosphères dans les cafés. Vous entrez et vous êtes ailleurs; l'attention au détail rend chaque endroit unique. Ici, non seulement êtes-vous ailleurs dans l'espace, mais surtout dans le temps.

On a l'impression d'entrer dans un club d'initiés, un peu secret, dans un endroit entre deux guerres où le Jazz serait quelque chose de subversif pour les biens pensants.

Les murs sont en bois noir, les tons ocres, cramoisis. La lumière est jaune et inégale. Ca sent le tabac, la poussière et le silence du connaisseur. Ici quelqu'un dort dans un canapé en cuir noir, aussi vieux que la photo délavée de Miles Davis qui traine au-dessus, là un autre regarde le plafond, absorbé dans sa fatigue. Là-bas un couple se sourit, mais ose à peine se parler... C'est vrai qu'on a pas envie de faire de bruit ici.


Même la serveuse anoréxique et introvertie semble ne pas pouvoir exister ailleurs qu'ici. On s'assied, on prend un des livres dont sont remplies les étagères ou qui jonchent les tables, on fume, on boit, on écoute...


Le son sort d'enceintes énormes, jaunies par le temps. Il est rond et patiné, aussi bien veillit qu'un whiskey du même âge. L'endroit en est fier d'ailleurs, puisqu'une description complète est donnée du système à l'entrée.


Tout le monde est capté par la musique, qui n'épargne aucun espace, et les dieux du Jazz, du fond de leurs cadres défoncés, semblent assister à la mémoire de leurs propres concerts.

Combien de temps a passé ?
Le verre est vide, le cendrier plein.
Peut-être a-t-on dormi, on ne sait pas. En tout cas la musique est toujours là. On se lève fatigué, mais tranquille, soigné presque, heureux plus qu'on peut savoir pourquoi, plein de l'énergie des paysages.

La porte se referme, la musique s'étouffe et on s'en va, sans être tout à fait sûr de savoir revenir.

RADIO BLOUG is ON !!

Après moult efforts et essais infructueux, voici enfin RADIO BLOUG !

Vous pourrez y découvrir tous les artistes que vous aimez et ne connaissez pas encore! La sélection du moment, l'avant-garde japonaise ou... la retransmission du concert de Richard Clayderman à Tokyo !! (si si, il existe encore ici!) Bref, que du bonheur en musique!

Le tout demande encore quelques améliorations...TOUT COMMENTAIRE est le BIENVENU!
Je veux bien qu'on me dise que le HTML n'est pas sorcier, mais quand on n'y connaît rien, c'est quand même pas évident!

Il faut donc ouvrir le lien dans une nouvelle fenêtre car je ne connais pas la ligne de code qui le fait automatiquement...
J'aimerais, en fait, faire une fenêtre pop-up à la taille du player radio. Peut-être que Dani, Tétris, Eric ou Bluenju, sans doute, pourront m'aider.


[MAJ] MERCI à DANI !!
Grâce à ses précieux précis conseils, vous pourrez maintenant écouter Radio Bloug sans soucis dans une petite fenêtre qui s'ouvre toute seule! Je rêve, ça lui a pris 30 secondes!

Bonne écoute !

28 mai 2005

Comme dirait l'autre...

"Je dis des choses tellement intelligentes que le plus souvent je ne comprends pas ce que je dis."
[Jacques Rouxel]

Quilucru !

J'ai passé la soirée d'hier à "La Rumba" à danser la salsa !

Deux cubains donnaient le cours gratuit à une foule de minettes extasiées dans cette boîte de Roppongi, le quartier des discos et bars à gogo, véritable Disneyland des plus de 18 ans dans toute sa diversité, du Mac do au bar à hotesses.

J'ai pensé à Dani, bien sûr, avec qui j'étais allé dans une boîte salsa à Paris étancher dans la bière mon dépit à voir les filles se battre pour se faire chavirer par les beau gosses qui y travaillaient. On s'était juré, à l'époque, de prendre des cours nous aussi, pour faire les kings le samedi soir, mais comme d'habitude, on a plutôt fait les horreurs dans les bars de Montmartre (moi en tout cas!).

Alors, prendre un cours ici, avec une amie étudiante de surcroît, c'est toujours un petit pas de plus vers le roi de la piste de danse que je ne serai jamais, me suis-je dit. Sauf que...le cours de salsa s'est avéré n'être pas ça du tout! C'était plutôt un truc sex, mais genre Bollywood, avec les filles d'un côté (une bonne quarantaine) et les mecs de l'autre (à peine cinq). Les unes n'avancaient vers nous que pour se retourner en nous montrant leurs fesses, tandis que nous nous penchions vers elles dans un mouvement à la "Shake Shake Baby".

C'était assez marrant en somme de voir tous les gens d'une boîte essayer de faire un chorégraphie en une demie-heure, même si c'était assez loin de l'idée que je m'étais faite de cette soirée! Je n'ai pas pu m'enpêcher de me demander comment ce cours improvisé se serait passé en France. En fait, j'ai l'impression que les japonais, malgré les règles de politesse et le manque de spontanité qui régissent les relations sociales ici, s'amusent d'une manière plus candide que chez nous lorsqu'ils sont ensemble. J'ai l'impression, par exemple, que la parodie de scène de drague à la West-Side Story, que Victor et Alberto ont essayé de nous faire répéter, aurait vite été prise beaucoup plus au sérieux et que le tout aurait été rapidement beaucoup plus caliente! Il fallait voir les efforts des deux cubains à essayer de faire remuer les fesses des japonaises en face de nous d'une manière sensuelle. Si elles y arrivaient parfois, c'était pourtant toujours avec l'air de se demander "Mais qu'est-ce que ça va leur faire?"

C'est d'ailleurs une réflexion que je me suis souvent faite ici en voyant le peu de vêtements que certaines filles arrivent à porter et qui ont l'air de se s'étonner que leur jupe soit courte lorsqu'elle leur arrive aux oreilles. C'est assez extraordinaire...

Non, ça ne choque personne ici. Un sourcil qui se lève, à peine, ou la pupille d'un vieux qui se dilatte dans le métro, mais pas beaucoup plus... A Paris, la pauvre fille ne traverserait pas la ville sans que ce peu de vêtements lui soit retiré et qu'elle emporte avec elle les compliments flatteurs et emphatiques dont les parisiens sont parfois si prolixes. C'est d'ailleurs pour ça que les femmes si peu vêtues, chez nous, sont cachées et qu'il faut payer pour les voir. Mais là, c'est tout de suite moins candide...

27 mai 2005

Comme dirait l'autre...

"Il y a ceux qui voient les choses telles quelles sont et qui se demandent pourquoi. Moi je les vois telles qu'elles pourraient être et je me dis pourquoi pas !"
[Marc Levy]

Ca commence comme ça...

A rebours,
Le récit d'un voyage qui commence sur un retour.

Et comme vous les attendiez tous, voici sans plus attendre, pour faire honneur au quartier dans lequel je bosse, les charmantes, les suffocantes, les provocantes, les ridicules, les excentriques de groupes, les authentiques...SHIBUYA GALS !

Alors...Faut pas tricher, car celle-là seulement est authentique. Vous l'aurez compris : tout est dans le regard, dans la subtilité du maquillage, dans le choix des couleurs et la gravité des accesoires. Quelque chose du pyjama californien un dimanche matin à 14h00 en somme...

Shibuya est le quartier dont Lévi-Strauss s'étonnait de n'y voir personne de moins de 35 ans... Et c'était il y a un moment déjà...C'est un quartier rose à l'odeur de frites, un paradis enchanté et assourdissant où des sirènes peinturlurées vous chantent de stridentes odes au mégaphone, perchée sur des rochers de carton à l'entrée des magazins. (Vous aurez une idée de ce qui guette le marin égaré s'il se perd sur ces rivages dans "Abalevids"). Parfois, c'est pire que la mort, surtout pour les oreilles, se dit le marin qui en réchappe, mais il se marre bien quand même!

Cet îlot de bonheur fushia est à 15 minutes de Harajuku, le quartier de mon école. Et voici en quoi il se transforme quand arrive le samedi...








Oui oui, c'est vrai, il y a ce côté "Petite Maison dans la prairie", mais avec la prairie en moins, quand même, et c'est là toute la différence! J'avoue, je préfère quand même les poupées qui non non non aux fetish Britney Spear post-désintox... Elles ont la faculté de me faire craquer... chaque vertèbre de la colonne à chaque fois que je les croise.

Un jour, promis, je vous enverrai la photo des répétitions du dernier clip des Spice Girls sur la place de Shibuya!